Les cent chemins vers le paradis

« Il existe cent chemins vers le paradis : 99 sont réservés aux personnes intelligentes, et un seul est destiné à tous les autres. »
Bruno Medicina
« Le contraire du courage n’est pas la lâcheté, mais le conformisme. »
Robert Anthony
L’objectif impitoyable de la bureaucratie : vous rendre remplaçable
Savez-vous quel est le besoin fondamental d’une structure bureaucratique ? C’est de séparer la fonction de la personne, afin que quiconque occupe un poste donné puisse être remplacé aussi facilement que possible. Ainsi, une fois la « description de poste » vérifiée, il doit être relativement facile de trouver une personne appropriée pour occuper ce poste. Cela donne lieu à la nécessité d’un ensemble de diplômes, de certifications, de normalisations, de CV, etc. : plus la structure est large et rigide, plus le remplacement d’une personne s’apparente au remplacement d’une pièce de machine ou d’une carte électronique.
L’objectif évident est d’empêcher qu’une structure ne devienne dépendante des caprices ou de la santé d’une personne. De cette manière, le système vise à fonctionner indépendamment de l’individu. Un poste occupé par quelqu’un qu’il est impossible de remplacer serait une situation catastrophique pour n’importe quelle organisation.
Apparemment, nous devons nous habituer à l’idée de normalisation. Le dressage, en réalité, commence le jour de notre naissance : nous apprenons à manger à des heures fixes, nous apprenons à suivre un programme scolaire standard (où quelqu’un d’autre a décidé ce qu’il est bon ou non d’apprendre à un certain âge), nous apprenons à respecter un emploi du temps, à faire nos devoirs même si cela semble inutile, et à nous conformer autant que possible à ce que le système exige de nous, sachant que toute manifestation de créativité ou de pensée indépendante, tout écart par rapport au chemin tracé, sera sévèrement puni.
20 ans d’endoctrinement : la création du « handicap acquis »
Après avoir passé 15 à 20 ans sous un tel traitement, nous sommes prêts à entrer sur le marché du travail ; nous disposons de connaissances techniques suffisantes pour répondre aux exigences du système, et nous sommes endoctrinés au point de ne plus remettre en question ses objectifs et ses règles.
Soyons clairs, cela est absolument nécessaire au bon fonctionnement d’une organisation, et plus l’organisation est complexe et efficace, plus il est nécessaire d’écarter l’individualité de l’exécution des tâches techniques. Imaginez si, dans un orchestre, un musicien décidait d’agir de son propre chef ! Ce serait un désastre total pour la prestation de tout l’orchestre. Et ce principe s’applique de manière générale à tout système organisé : un élément qui ne s’aligne pas entraîne une baisse de la performance globale, et tôt ou tard, l’individu devra choisir entre deux voies : soit il se conforme, soit il sera éliminé.
La métaphore de l’orchestre : compétent mais paralysé
Mais le problème survient lorsque « la soumission et la suppression de l’individualité » deviennent un comportement permanent. Pour poursuivre la métaphore, prenons l’exemple d’un musicien d’orchestre — habitué à jouer sous la direction d’un chef d’orchestre et d’une partition — qui se trouve alors incapable d’improviser une simple mélodie de son propre chef (sachez que c’est exactement ce qui se passe en musique).
Briser la cage du « bon sens »
Nous sommes donc tellement habitués à nous soumettre aux règles et à la standardisation, aux procédures habituelles, au bon sens, à ce que font tous les autres, à ce que nos parents, nos professeurs et nos prêtres nous ont dit de faire, à ce que les médias, les célébrités, les politiciens et les experts de toutes sortes nous disent — que nous sommes incapables de nous arrêter un instant pour nous demander si ce que nous faisons a du sens, si nous voulons vraiment poursuivre un certain objectif et si nous avons choisi la meilleure méthode.
Nous considérons certains aspects comme tellement « normaux » et « obligatoires » que nous sommes incapables de voir les alternatives les plus simples.
Ainsi, nous nous pressons tous sur cette unique route vers le paradis où se dirige tout le troupeau, et nous ne voyons pas les 99 autres chemins qui s’offriraient à nous si nous avions le courage de remettre en question les croyances qui agissent comme une cage pour nos esprits.
Comment trouver les 99 autres chemins
Je ne veux pas que cet article passe pour un appel à l’anarchie, mais alors que nous nous efforçons de remplir au mieux nos rôles au sein des différentes structures de notre vie (famille, cercle d’amis, entreprise, équipe, etc.), je crois qu’il est essentiel de ne pas oublier que nos possibilités et nos énergies potentielles sont illimitées, et que nous pouvons nous poser quelques questions simples sur la situation dans laquelle nous nous trouvons (Est-ce vraiment nécessaire ? Y a-t-il d’autres méthodes ? Que se passerait-il si je ne le faisais pas ? Comment quelqu’un d’autre résoudrait-il cela ? Qui a établi cette règle ? Qui a fixé cet objectif ? etc.). Ces questions peuvent être la clé pour découvrir au moins certaines des 99 voies qui s’offrent à nous, mais que nous ne parvenons tout simplement pas à voir en raison de pensées limitantes, d’un manque de courage et d’un manque d’imagination.
Rappelons-nous qu’aucun génie n’a jamais apporté sa contribution à l’humanité en se contentant de suivre des règles et des procédures.
Bonne création !
by Bruno


